Rencontre avec l'aigle et connexion cosmique

April 14, 2020

Le confinement a cela de merveilleux qu'il nous permet de faire de nouvelles expériences, et en ce qui me concerne ce fût le Voyage chamanique au tambour. Le contexte étant ce qu'il est, j'y ai participé en ligne au mois de mars, la première fois lors d'un voyage que proposait exceptionnellement Martine Gercault en direct sur Instagram, et le second avec Stéphanie Souhaité - Subtil Absolu, dans les mêmes conditions.

J'en profite pour les remercier toutes deux chaleureusement de nous avoir offert ces voyages.  

N'en ayant jamais fais auparavant je ne savais pas à quoi m'attendre, surtout à distance, cela dit j'avais fais en sorte d'optimiser la qualité des séances, en m'isolant dans ma chambre, enfants occupés avec leur papa, rideaux tirés, casque sur les oreilles et masque sur les yeux pour ne pas être dérangée ni par un bruit, ni par une lumière extérieure.

Je n'avais pas d'attente particulière et voulais simplement vivre l'expérience à fond.

Lors d'un voyage au chamanique, chaque participant doit en début de séance et en son esprit, choisir un point de départ, un endroit qu'il connaît, où il pourra ensuite revenir facilement à la fin de la séance, voire même entre temps si il en ressent le besoin. Il est dans tous les cas, important de repasser par ce point de départ en revenant. Chacune de celles qui nous a offert ces expériences, ont pris le soin de préciser que le fait de ne rien voir ou percevoir pendant un voyage, n'a aucune importance, et que nous vivons exactement ce que nous avons besoin de vivre à ce moment là. Dans tous les cas nous recevons, même de manière inconsciente, toutes les informations dont nous avons besoin.

©Alice Pisoni - ArtStation

 

Voici mon récit retranscrit tout de suite après mon premier voyage avec Martine Gercault. Je ne l'ai pas modifié, simplement rendu plus fluide à la lecture.

 

"Me voici enveloppée sous ma couverture, je me sens prête, j'ai rendez-vous. Cela fait longtemps que je souhaite vivre un voyage au tambour. J'ajuste le son dans mon casque pour que le son du chant et du tambour m'entourent de leurs vibrations. Dès les premiers battements du tambour, mon corps se met à vibrer, en particulier mes pieds, mes mains et le sommet de ma tête. Je sens de la chaleur se diffuser doucement de mes mains. 

 

Je choisis mon jardin comme point de départ. La première vision arrive assez vite, deux amérindiens, un homme et une femme, se tiennent debout face à moi, là où j'avais tout d'abord l'intention de commencer à creuser pour descendre dans le monde d'en bas. Mais à leur regard je comprends que ce n'est pas là que je dois aller. L'homme et la femme ne me parlent pas mais me laissent passer. Je me dirige tout en bas du terrain au bord de la rivière, près du rocher sur lequel j'ai l'habitude de méditer, dès la fin de l'hiver. "Mon rocher à méditer".

J'entend le battement du tambour et les chants de celle qui le tient, mais désormais c'est comme si tout se fondait l'un dans l'autre, tambour, chant, images.

 

En m'approchant du rocher, à ma gauche surgie une tortue qui passe furtivement très près de mon visage, une tortue volante. Tandis qu'elle s'éloigne, un passage s'ouvre devant moi au niveau de mon rocher. L'ouverture est assez grande pour moi, et sur les parois de terre se trouvent des torches enflammées. 

Un loup en sort, je le reconnais et à vrai dire je m'attendais un peu à le voir, étant donné qu'il m'accompagne depuis plus de 2 ans et demi dans certaines de mes méditations (plus trop ces derniers mois cela dit), il intervient souvent aussi par synchronicités.

A l'entrée du passage le loup me fixe, je comprends alors que je dois le suivre. Nous descendons un escalier de terre, puis assez vite nous arrivons dans une salle ronde et immense avec des colonnes de pierres blanches gigantesques. J'observe autour de moi il y a des galeries creusées un peu partout sur les parois, le sol est en terre, la terre est partout. 

Au milieu de la salle il y a une sorte d'autel en pierre. Le loup s'y installe et moi je m'assieds devant lui sur le sol. 

©Brett Nothcutt - ArtStation 

 

Pendant un "long" moment il ne se passe rien, j'observe autour de moi, je lève la tête, il y a au plafond de la salle, une sorte de dôme très très haut avec une ouverture centrale permettant aux rayons du soleil de se diffuser à l'intérieur. Puis soudainement quelque chose, impossible de dire quoi, je ne sais pas, me remet dans les mains un vrai coeur vivant et battant, il y a du sang, mes mains en sont couvertes. Je ne comprends pas pourquoi je me retrouve avec ce coeur dans les mains, je regarde le loup qui ne me lâche pas des yeux, et instinctivement je dirais, je comprends que je dois faire entrer ce coeur en moi. Je le place au niveau de ma poitrine. C'est comme si j'étais à la fois dans un monde matériel et immatériel, le coeur se fond alors littéralement en moi. Je peux ensuite l'observer prendre sa place et battre à l'intérieur de moi. Une lumière s'allume au niveau de ma poitrine, et se diffuse au-delà de mon corps.

Par la suite je vais revoir cette scène du coeur plusieurs fois.

 

Le loup descend de son autel et se dirige vers l'une des galeries creusées dans les parois de terre. Je me relève avec mon nouveau coeur et ma lumière qui illumine 

sur ma poitrine et je le suis. Il  y a un escalier qui descend plus profondément encore dans le sol. Nous l'empruntons. Le loup se retourne à plusieurs reprises pour vérifier que je le suis. Nous arrivons à une porte en bois, je décide de l'ouvrir, je suis dans une confiance totale. La porte s'ouvre sur une forêt immense et très dense, avec des arbres tellement hauts qu'on ne peut quasiment pas distinguer le ciel. 

Je me souviens à ce moment là m'être faite la remarque que j'étais descendue dans les profondeurs de la terre et pourtant je pouvais voir le ciel au delà de la cime des grands arbres. 

Je reconnais cet endroit, j'en ai déjà rêvé. Le loup me précède et devant nous il n'y a qu'un seul chemin possible. Nous arrivons à une petite fontaine en pierres blanches, de laquelle jaillie une eau cristalline, pure. Là encore je reconnais l'endroit et je sais que j'y suis déjà venue (en rêve), je m'en souviens. La première fois il y avait un homme qui se tenait près de cette fontaine mais je n'ai jamais pu l'identifier, ni aller au-delà. Cette fois-ci il y a une petite table sur la gauche de la fontaine et une coupe en cristal est posée dessus. Je comprends que je dois prendre cette coupe, la remplir de l'eau de la fontaine et la boire, ce que je fais sans même réfléchir. 

Le loup m'attend un peu plus loin assis face à moi. Je le rejoins. Il y a devant nous un chemin assez large, qui va tout droit. Il n'y a de bifurcation, pas d'autres directions possibles, juste celui-là et il me paraît très long (je n'en vois pas le bout ou peut-être à peine une toute petite lueur). C'est alors que le loup me laisse passer devant lui, je commence à avancer puis je me retourne pour vérifier qu'il me suit, mais je suis seule. Je le cherche des yeux un peu partout autour de moi mais il n'est plus là.

 

Je décide de poursuivre malgré tout et d'avancer un peu. Pendant que j'avance, je me dis que je n'ai aucune possibilité de voir au delà du chemin, des arbres etc, et j'ai le sentiment de ne pouvoir anticiper quoique ce soit, d'avancer un peu à l'aveugle, bien que je me sente plutôt sereine. Puis quelque chose attire mon attention au-dessus des arbres, alors je lève la tête et j'aperçois les ailes déployées d'un grand oiseau, décrivant des cercles au-dessus de moi, par dessus la forêt. Je comprends que c'est un aigle. A ce même instant Martine Gercault se met à siffler très fort, je ressens une intense sensation car le sifflement se confond avec le "cri" ou le "chant" de l'aigle. Il me semble que je comprends plein de choses à ce moment là.

 

Le rythme du tambour s'accélère, il est temps de revenir, de remonter à la surface et de retourner au point départ. Je remercie à la hâte les animaux qui se sont présentés à moi, j'ai l'impression de partir trop vite, comme aspirée en arrière, repassant par chacune des étapes ayant précédés la dernière, jusqu'à me retrouver dans mon lit."

 

La séance est terminée, elle a duré 20 minutes.

Par la suite je me suis sentie un peu remuée émotionnellement, dans le sens que cela m'a touchée. J'ai même eu la sensation de devoir m'adapter à une nouvelle condition. L'impression d'avoir franchie une étape. Et vis-à-vis de ce qui se passe en ce moment et dans ma vie aussi, je trouve cela très fort symboliquement. 

 

Je ne comprends toujours pas très bien l'image du coeur vivant et battant que l'on me remet et que je dois insérer en moi, mais cette vision m'a beaucoup marquée, je le sentais battre dans mes mains et ce sang si rouge si brut, si concret et si puissant...

 ©Ellysiumn - ArtStation

 

Mon deuxième voyage eut lieu une quinzaine de jours après, cette fois-ci c'est Stéphanie Souhaité qui le proposait en direct là aussi.

Mon énergie était un peu différente par rapport à la première fois, et ce jour là je me sentais un peu... raplapla... Ce voyage fût très différent du premier.

Aller à la rencontre de son enfant intérieur en était le thème.

 

D'ailleurs mon enfant intérieur, qui est-il ? Que pourrais-je bien lui dire si je me retrouvait en face-à-face avec lui. Lorsque je m'imagine la scène, je me vois fondre en larme devant la petite fille rieuse et rêveuse au cheveux longs que je fût, et à qui je demande de me pardonner... Pour l'avoir réduite au silence, oubliée toutes ces années, brisée par la colère et toutes sortes de sentiments accumulés, comme on accumule des petits cailloux dans nos poches, qu'on oublie de vider ensuite. Finalement, je le perçois comme un enseignant cet enfant intérieur, un maître en matière d'émerveillement et d'observation du moment présent. Avec le temps et les épreuves, je sais que ma capacité de m'émerveiller en a pris un coup dans l'aile, bien que mon éveil spirituel ait contribuer pour beaucoup à le réactiver ces 3 dernières années en particulier, alors que je vidais progressivement mes poches, de tous les petits et gros cailloux que j'avais accumulés dedans. Le chemin est encore long, aussi long que je décide qu'il le soit, mais désormais emprunt de plus de légèreté et de confiance.

 

Voici le récit retranscrit de ma seconde expérience:

 

"Il est 11h du matin, j'attend que la séance commence. Je suis dans mon lit, douillettement allongée, rideaux tirés, le casque vissé sur les oreilles, un masque sur les yeux. 

Après quelques explications sur la démarche, le point de départ à choisir pour y revenir ensuite, Stéphanie attrape son tambour. Les battements commencent. Je me détends mais j'ai du mal à me mettre dans un état de neutralité et mon mental turbine. Je pense à mon enfant intérieur... Mince alors j'y pense trop... Bon c'est pas grave je vais laisser aller. Je visualise mon "rocher à méditer", le soleil brille, la rivière juste à côté, et il y a une douce brise. Je m'accroche aux battements du tambour, et me détache petit-à-petit de mes images mentales, je les laisse vivre leur vie. Viennent alors des flashs, des images très furtives mais fortes, nettes, très colorées, joyeuses et paisibles.

Je suis assise sur mon rocher, une porte flotte devant moi au dessus de l'eau de la rivière. Une simple porte en bois flottant dans le vide. Je m'avance, l'ouvre et soudain le cosmos m'entoure, puis la vitesse de la lumière qui m'aspire dans un tunnel. Cela dure un certain temps. Les images furtives vont et viennent et se rejouent. J'arrive devant une plage indescriptible,  bordant un monde dans un "ailleurs" blanc, flottant dans l'espace. Je reste là au loin, à contempler ce spectacle d'une beauté saisissante. (Je n'ai malheureusement trouvé aucune image pouvant illustrer la vision de ce monde). La scène ne dure que quelques instants, un claquement de doigt, mais l'image s'imprime.

Retour sur mon rocher, je suis toujours assise et je peux presque sentir la chaleur des rayons du soleil. Il m'envoie de la lumière que j'absorbe avec la main droite levée vers le ciel. Puis vient la lune, a qui je rend cette lumière solaire par la main gauche. Une circulation d'énergie se crée, dans un cercle parfait. Toutes les images arrivent en flash, et c'est assez saccadé. J'ai l'impression d'être à plusieurs endroits en même temps.

Puis les battements du tambour s'accélèrent, il est temps de revenir au point de départ. Je referme la porte et retourne au rocher, mais mon attention est attirée par un bruit très fort sur ma droite, à tel point que je l'entend physiquement, c'est le bruit de l'eau de la rivière qui coule à flots à côté de moi. Je l'entend tant et si bien qu'il couvre presque les battements du tambour. Je me demande à ce moment là si Stéphanie n'a pas une fontaine d'eau qui coule à côté d'elle, elle me dira que non plus tard. Je visualise mon retour dans ma chambre, toujours en entendant l'eau. Les derniers battements de tambour se font entendre, puis le silence... Complet.

Sans rien y comprendre, une grande émotion me submerge alors littéralement, comme une boule remontant de mes entrailles, puis je fond en larmes, à gros sanglots. Pendant un long moment les larmes sortent, et n'en finissent plus de sortir.

Je me sens décontenancée par cette émotion, mais je l'accueille." 

 

Fin de la séance.

 

© Hôm and Soul

 

Je me suis bien sûr très vite remise de mon émotion par la suite. Je pensais que le vécu de cette expérience n'avait rien à voir avec mon "enfant intérieur", mais avec un peu de recul, je me rend compte en couchant ces quelques lignes, qu'il y a des connexions bien plus profondes, qui reviennent souvent, et que je ne peux nier.

Et c'est peut-être grâce à cette part d'émerveillement, face à des paysages d'autres dimensions, que je me relie de nouveau à mon "petit moi" lumineux et terrestre.

 

Oriane.

 

 

 

 

 

Share on Facebook
Please reload

Visiteurs :

Derniers posts publiés !
Please reload

IMG_20190516_184039_873.jpg
Rejoignez-moi :
  • Gris Facebook Icône
  • Gris Icône Instagram
  Les rubriques magiques   

Mes suggestions de lecture